Vers une culture plus verte quand le spectacle vivant change de décor ! 2

Coachella, un festival emblématique, génère chaque année plus de 1600 tonnes de déchets. Ce chiffre, loin d’être isolé, révèle une réalité souvent occultée : le monde de la culture, malgré sa vocation à inspirer et à émouvoir, a un impact environnemental conséquent. Mais si, au lieu de l’ignorer, on décidait de changer de décor ?

L’empreinte carbone du spectacle vivant : un bilan contrasté

Festivals grandioses, salles de spectacle intimistes, productions audiovisuelles ambitieuses… Le secteur culturel, qui représente 2,3% du PIB français (soit 47,5 milliards d’euros en 2017), est multiple et diversifié. Difficile, donc, de dresser un bilan carbone unique.

Pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes : la culture serait responsable de 2,5% des émissions de gaz à effet de serre de la France (12 millions de tonnes équivalent CO2), sans même prendre en compte les déplacements qu’elle génère ni la consommation audiovisuelle. Un festival urbain peut ainsi émettre jusqu’à 28 000 tonnes de CO2 par mois, soit l’équivalent des émissions annuelles de 2700 Français !

Le Shift Project, dans son étude « Décarboner la culture », souligne que le transport est le principal responsable de cette empreinte carbone, en particulier les déplacements des spectateurs (66% des émissions) et le transport des œuvres (29,5%). Mais ce n’est pas tout : la production de déchets, la consommation énergétique des lieux de spectacle, l’utilisation de matériaux souvent éphémères… Autant d’enjeux à adresser pour une culture plus durable.

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Comment rendre le spectacle vivant plus écologique ? Des pistes à explorer

Face à ce défi, le secteur culturel se mobilise. Le Ministère de la Culture prépare un pacte d’engagement écologique pour accompagner les professionnels vers des pratiques plus responsables. Mais au-delà des initiatives institutionnelles, des solutions concrètes émergent :

  • Repenser les transports : Adapter les horaires des spectacles aux transports en commun, encourager les modes de déplacement doux, privilégier le train pour les tournées…

  • Réduire la consommation énergétique : Choisir un fournisseur d’électricité verte, optimiser l’éclairage et le chauffage des lieux de spectacle, limiter la pollution numérique…

  • Miser sur l’éco-conception : Privilégier les matériaux durables et recyclés, concevoir des décors modulables et réutilisables, adopter une approche d’économie circulaire…

  • Proposer une alimentation responsable : Privilégier les produits locaux, de saison et végétariens, réduire le gaspillage alimentaire…

  • Impliquer les artistes : Sensibiliser les créateurs aux enjeux environnementaux, les accompagner dans l’adoption de pratiques plus durables, valoriser les démarches éco-responsables…

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Le RESSAC et les ressourceries : des acteurs clés de la transition

C’est ici qu’ArtStocK entre en scène, aux côtés d’autres acteurs essentiels comme le RESSAC (Réseau National des Ressourceries Artistiques et Culturelles). Ces initiatives pionnières incarnent une vision nouvelle : celle d’une culture qui ne se contente pas de divertir et d’émouvoir, mais qui s’engage activement pour la préservation de l’environnement.

En collectant, triant et valorisant les décors, costumes et matériaux issus des productions culturelles, ArtStock et les ressourceries offrent une alternative concrète à la destruction et au gaspillage. Elles permettent de réduire les déchets, de limiter l’extraction de nouvelles ressources et de créer des emplois locaux et durables.

« C’est possible de continuer à rêver de grands décors, mais ça demande beaucoup de coordination, il faut que les tourneurs et les producteurs se parlent », souligne Samuel Valensi du Shift Project. Et c’est précisément ce que facilitent le RESSAC et les ressourceries : en connectant les acteurs du secteur, en mutualisant les ressources et les compétences, ils favorisent l’émergence d’une économie circulaire et solidaire.

Ensemble, changeons le décor !

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